Christophe Galtier en grand danger - PSG, club impossible à entraîner

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LIGUE 1 – Christophe Galtier est en passe d'imiter tous ceux qui l'ont devancé sur le banc du PSG depuis plus de dix ans. Alors que son avenir semble aujourd'hui scellé, l'ancien coach du LOSC n'a pas réussi à s'imposer au sein du club parisien et a coulé avec le navire. Et si le problème dépassait la fonction de coach à Paris ? Et si ce club était tout simplement impossible à entraîner ?

"On en vient à se demander si Angers ne peut pas battre le PSG"

Video credit: Eurosport

Paris a tout essayé. Des entraîneurs chevronnés et des promesses, des stars et des sans-grades, des étrangers et des Français, des hommes du cru et d'autres sans lien avec Paris. En douze ans, le Qatar a exploré toute la typologie de l'entraîneur capable de coacher le PSG. D'Antoine Kombouaré à Christophe Galtier, de Carlo Ancelotti à Thomas Tuchel, le constat est sans appel : personne n'a pleinement réussi le challenge.
Certains se sont plantés dans les grandes largueurs, d'autres n'ont pas eu le temps nécessaire pour faire leur preuve et la plupart ont, depuis, prouvé ailleurs qu'ils étaient des techniciens de renom. Alors pourquoi ça n'a pas marché à Paris ? Ils n'étaient sans doute pas tous le problème et l'échec parisien, depuis 2011, dépasse de loin la question de l'entraîneur. "Je connais un peu les lieux, le club, confiait Laurent Blanc après la victoire de l'OL dimanche. Le problème de Paris c’est que quand l’objectif numéro un n’est plus accessible, on dirait que la saison n’existe plus."
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Laurent Blanc, Thomas Tuchel, Christophe Galtier et Carlo Ancelotti partagent un point commun : le banc du PSG

Crédit: Quentin Guichard

Et si ce club était tout simplement "incoachable" ? Zoom sur sept hommes qui avaient tous de bonnes raisons de réussir avant d'échouer inlassablement.

Antoine Kombouaré : L'ancien joueur, garant de l'esprit Paris

Pourquoi il fallait y croire : Ancien capitaine emblématique du PSG, Kombouaré incarnait l'époque glorieuse du PSG du début jusqu'au milieu des années 90. Homme à poigne, coach de caractère, il aurait pu entraîner avec lui le nouvel actionnaire en faisant le lien avec l'esprit du PSG historique.
Pourquoi ça a coincé : Parce qu'à leur prise de fonction, les Qataris voyaient déjà plus grand qu'un entraîneur qui n'avait gagné qu'une Coupe de France et qu'un championnat de L2. Pas assez clinquant malgré un bon démarrage et un titre de champion d'automne. Cruel. Débarqué avant Noël par Leonardo pour laisser le champ libre à Carlo Ancelotti, Kombouaré a très mal vécu son limogeage. D'autant que son départ n'a pas empêché Paris de perdre le titre de champion de France quelques mois plus tard.
Et depuis… Une montée en L1 avec Lens, une Coupe de France avec Nantes : Kombouaré a prouvé son savoir-faire avec des équipes aux standings moins élevées. Il n'a jamais plus eu l'occasion de diriger un effectif bâti pour le titre et s'est spécialisé depuis quelques années dans les causes désespérées. Il a échoué à Guingamp mais brille à Nantes depuis deux ans.

Carlo Ancelotti : La référence des références

Pourquoi il fallait y croire : Le PSG avait tapé dans le mille. Une référence, deux Ligues des champions déjà gagnées sur le banc avec l’AC Milan, et le parfait équilibre rondeur – autorité dans le management de stars qui débarquaient de clubs plus huppés.
Pourquoi ça a coincé : Crime de lèse-majesté, le Qatar a douté de Carlo Ancelotti et l’a même mis au pied du mur lors de son premier automne parisien. S’il partageait la responsabilité du titre perdu aux profit de Montpellier au terme de l’exercice précédent, l’Italien n’a guère apprécié d’être mis sur la sellette et de jouer sa tête lors d’un match de C1 face au FC Porto. L’affront lui est resté en travers de la gorge. Le Real Madrid, qui le voulait sur son banc, a fait le reste. Et Carlo est parti.
Et depuis… On ne va pas étaler son palmarès ici, mais rappeler qu’il a remporté deux Ligues des champions de plus avec le Real Madrid, est notamment passé par le Bayern, et qu’à 63 ans, il pourrait terminer sa carrière comme sélectionneur du Brésil. Y'a pire.
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Ancelotti, vainqueur de deux Ligues des champions avec le Real Madrid

Crédit: Getty Images

Laurent Blanc : La star des entraîneurs français

Pourquoi il fallait y croire : Il avait fait gagner Bordeaux en imprimant une philosophie au jeu girondin, il avait redressé l’équipe de France après le marasme de Knysna et l’avait quitté sur fond de mésentente latente avec Noël Le Graët : Laurent Blanc était un choix prometteur, même si régnait un certain scepticisme alors que certains doutaient de sa carrure auprès de Zlatan and co.
Pourquoi ça a coincé : son bilan a été rehaussé avec le temps et, sept ans après son départ, Blanc peut se targuer d’être celui qui a le mieux fait jouer le PSG et qui avait donné une cohérence, au milieu notamment, à cette équipe. Ses triomphes nationaux et sa gloutonnerie (deux triplés hexagonaux de suite) n'ont pas pesé lourd au regard de ses trois échecs en quart de finale de la Ligue des champions. Surtout le dernier d’ailleurs. Ce 3-5-2 décidé le dimanche pour le mardi lui a fait perdre tout crédit auprès de Nasser Al-Khelaïfi, qui l’avait pourtant prolongé précédemment.
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Laurent Blanc, entraîneur du PSG de 2013 à 2016

Crédit: Getty Images

Et depuis… Le Président a profité des 22 millions que Paris lui a versé après son licenciement. Il a longtemps cherché un challenge à la hauteur de ses prétentions. Mais il n’est jamais venu. Alors, Blanc, victime d’une réputation galvaudée de dilettante, est parti au Qatar, à Al Rayyan. Puis a finalement retrouvé un club en France, à Lyon. Il pointe actuellement au 9e rang du championnat.

Unai Emery : Le maître tacticien

Pourquoi il fallait y croire : précédé d’une réputation flatteuse et vainqueur des trois dernières Ligue Europa avec le FC Séville, Unai Emery présentait le visage d’un “mastermind” tactique en arrivant à Paris. Après Laurent Blanc, l’espoir était que l’Espagnol conjuguerait identité de jeu et résultats au plus haut niveau européen.
Pourquoi ça a coincé : A la décharge d’Emery, la saison 2016/2017 fut la première post-Zlatan et celle de l’explosion de l’AS Monaco de Kylian Mbappé. Les débuts furent pour le moins contrastés. Le PSG a perdu le titre de champion. Et, surtout, a subi la fameuse remontada de Barcelone (6-1). Ça faisait déjà beaucoup pour un seul homme. La saison suivante, avec Mbappé et Neymar, s’est aussi soldée par une sortie de route en huitième de finale de C1 et même les triomphes nationaux n’ont pu sauver Emery. Le Basque n’a jamais vraiment su imposer ses idées de jeu et, pire, a régulièrement semblé dépassé par la fonction.
Et depuis… Unaï Emery a ajouté une C3 en 2021 à son palmarès et une demie de C1 la saison dernière, avec Villarreal, club à dimension humaine, celle qui lui colle le mieux. Entre-temps, il avait montré ses limites à Arsenal, où son bail n’a pas duré plus d’une saison. Emery entraîne aujourd’hui Aston Villa.

Thomas Tuchel : La grande promesse de l'école allemande

Pourquoi il fallait y croire : Précédé d'une réputation flatteuse d’un entraîneur attiré par le jeu offensif et inspiré par le Barça de Pep Guardiola, Tuchel débarque à Paris alors même qu'il n'a gagné qu'un seul trophée en club. Mais à 45 ans, il apparaît comme la nouvelle perle de l'école allemande porté vers un football total. Le mariage est prometteur entre un club qui se cherche toujours une identité et un entraîneur plein d'idées et intransigeant.
Pourquoi ça a coincé : Suis-je toujours entraîneur ou suis-je un politique, un ministre des Sports ?” Ça, c’est ce que Thomas Tuchel s’est demandé durant son bail au PSG. Et, évidemment, ça n’a pas facilité sa tâche, lui qui était venu pour gérer le terrain et non se prêter à des jeux de pouvoir dans la coulisse. Ses désaccords à peine voilés avec le revenant Leonardo - sur sa gestion du mercato notamment - ont pourri son quotidien et le Tuchel avenant de ses débuts a laissé place à un personnage de plus en plus agressif, devant la presse notamment. Pourtant auréolé d’une finale de Ligue des champions, il a été viré quatre mois après, juste avant Noël.
Et depuis… Arrivé en pompier à Chelsea juste après avoir été limogé du PSG, il a remporté la Ligue des champions avec les Blues. Sacré pied de nez. Il a remplacé Julian Nagelsmann au Bayern durant la trêve.
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Thomas Tuchel en conférence de presse avec le PSG, 2020

Crédit: Getty Images

Mauricio Pochettino : L'ancien capitaine qui a mis la Premier League à ses pieds

Pourquoi il fallait y croire : Parce qu'il réunissait, semble-t-il, toutes les qualités pour réussir. Entraîneur reconnu de Premier League, dragué par le Real Madrid, Pochettino entretenait, en plus, une relation privilégiée avec le PSG dont il fut le capitaine et où il laissa un merveilleux souvenir. Entraîneur à la méthode saluée à Tottenham, il parvint en finale de Ligue des champions un peu à la surprise générale deux ans avant de rejoindre le banc parisien.
Pourquoi ça a coincé ? Parce que, comme tant de fois avant lui, le PSG a ronronné sous Pochettino. Il y eut bien quelques instants fiévreux comme la campagne 2020/2021 de Ligue des champions et les succès à Barcelone et Munich mais tout cela n'a pas pesé bien lourd face à la perte du titre de champion de France face à Lille ou à la sortie de route spectaculaire à Madrid en mars 2022. Sous ses ordres, Paris a manqué de personnalité. Pochettino n'a jamais trouvé la clé et l'a laissé à des joueurs trop peu souvent concernés.
Et depuis… Il attend un projet à sa dimension. Chelsea ou le Real Madrid par exemple…
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Mauricio Pochettino n'a pas laissé de grands souvenirs au PSG

Crédit: Getty Images

Christophe Galtier : Le meilleur des entraîneurs de L1

Pourquoi il fallait y croire : Parce qu'il semblait bien placé pour relancer la machine. Après tout, c'est lui qui avait privé Paris du titre en 2021. Après des expériences réussies à Saint-Etienne et Lille, une autre plus mitigée à Nice, il était mûr pour prendre un grand club. Ses qualités de manager devait le faire adopter assez facilement par le vestiaire alors que ses qualités de communicant pouvait amener un vent nouveau. Avec Campos, dont il est l'un des fidèles, il devait incarner un couple enfin uni à la tête du sportif.
Pourquoi ça coince ? Pas aidé par un effectif essoré par la Coupe du monde et démobilisé par une fin de saison sans fièvre, Galtier ne trouve pas les ressorts pour remettre son équipe en ordre de bataille après l'élimination face au Bayern Munich. Incapable, comme tous les autres avant lui, de trancher dans le vif, il subit la situation et fait porter le chapeau aux absents sur blessure et aux jeunes incapables de reprendre le flambeau.
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